1655 Portrait de Colbert par Philippe de Champaigne Le colbertisme est la doctrine économique et politique de Jean - Baptiste Colbert . Colbert fut contrôleur général des financ...
Les objectifs simplifiés du mercantilisme, du point de vue du colbertisme, étaient d'améliorer la structure des impôts dans l'administration fiscale, ou bien de faire en sorte que la charge fiscale puisse accroître la richesse de la nation, et de tous les moyens dont disposait le roi pour augmenter ses revenus fiscaux, le meilleur était d'améliorer le commerce et l'industrie.
Le principe fondamental de Colbert était que la richesse et l'économie de la France devaient servir l'État. S'appuyant sur les idées du mercantilisme, il estimait que l'intervention de l'État était nécessaire pour s'assurer la part la plus importante possible des ressources limitées. Pour accumuler de l'or, un pays devait toujours exporter davantage de biens qu'il n'en importait.
L'idée principale de Colbert était celle d'une « balance commerciale excédentaire », où les marchandises étaient exportées contre de l'or, par opposition à une « balance commerciale déficitaire », où l'or quitterait le pays. Colbert entendait supprimer les droits de douane intérieurs et taxer la noblesse, mais il échoua. Il parvint néanmoins à bâtir une économie française qui exportait et consommait sur le marché intérieur.
Histoire
Régiment de Carignan-Salières
La Compagnie française des Indes occidentales était une idée originale de Colbert. Elle s'inscrivait dans une stratégie ambitieuse visant à concurrencer les entreprises coloniales de la République néerlandaise sur la scène mondiale, mais ne survécut pas aux troubles liés à la guerre franco-néerlandaise du début des années 1670. En Afrique, elle fut remplacée par la Compagnie du Sénégal , et en Amérique par des opérations de commerçants privés.
Les réformes économiques de Colbert
Modifications fiscales
Colbert entreprit rapidement de réformer le système financier français en s'attaquant à la corruption et à l'inefficacité du recouvrement des impôts. À sa demande, la Couronne créa en 1665 un conseil judiciaire chargé d'enquêter sur les abus financiers, les détournements de fonds et les irrégularités commis par les agents du fisc, et de prononcer des peines allant de l'emprisonnement à des sanctions plus sévères.
Colbert s'est ensuite concentré sur la restructuration du système fiscal. À l'époque, la Couronne tirait une part importante de ses recettes de la taille , un impôt direct qui pesait de manière disproportionnée sur les classes populaires et moyennes, tandis que la noblesse bénéficiait d'exemptions. Plutôt que d'augmenter simplement les impôts, Colbert a cherché à améliorer l'efficacité et l'équité de leur perception en renforçant le contrôle, en destituant les fonctionnaires malhonnêtes et en redistribuant la charge fiscale par un recours accru aux taxes indirectes sur les biens. Ces mesures ont permis d'accroître significativement les recettes de l'État, qui ont presque doublé au cours de la décennie suivante, même si les inégalités sous-jacentes du système fiscal, notamment les exemptions accordées aux groupes privilégiés, sont demeurées en grande partie inchangées.
Modifications du système tarifaire
Colbert réorganisa également le système tarifaire français en 1664 dans le cadre d'un effort plus vaste visant à renforcer les pouvoirs fiscaux royaux et à promouvoir l'intégration économique de la France. Avant ces réformes, le système fiscal français était très fragmenté, avec de nombreux droits de douane internes ( traités forains ) perçus aux frontières provinciales et locales, s'appliquant à une large gamme de marchandises et témoignant de l'héritage des privilèges féodaux. Les réformes de Colbert visaient à remédier à ces problèmes en consolidant et en uniformisant la fiscalité indirecte. Il créa notamment les Cinq Grosses Fermes , une zone douanière intérieure au sein de laquelle la monarchie parvint plus efficacement à imposer des institutions fiscales centralisées et à réduire l'autonomie des autorités locales. Les tarifs douaniers sous Colbert étaient relativement limités et servaient souvent des objectifs administratifs ou fiscaux plutôt que de constituer un système protectionniste global. En pratique, ils fonctionnaient parallèlement à des mécanismes plus larges de régulation et de prélèvement des recettes, reflétant une phase de transition dans le développement de la politique économique française.
D'avril 1667 à juin 1668, Colbert imposa des droits de douane punitifs aux Néerlandais pendant la guerre de Dévolution . Le commerce franco-néerlandais diminua de 30 % en raison des droits de douane français.
Il consacra beaucoup d'énergie à la réorganisation de l'industrie et du commerce. Il était convaincu que, pour accroître la puissance française, il était indispensable d'augmenter la part de la France dans le commerce international et de réduire l'hégémonie commerciale des Pays-Bas.
Il a insisté sur la production de biens de haute qualité capables de concurrencer les produits étrangers à l'étranger, mais aussi sur la constitution d'une flotte marchande pour les transporter.
Il s'efforça d'inciter les travailleurs étrangers à apporter leurs compétences artisanales en France. Afin de garantir la qualité du travail, il édicta des réglementations pour chaque type de fabrication et imposa des amendes et le pilori pour contrefaçon et défauts de fabrication.
Il encouragea la création de compagnies navales et tenta d'obtenir des monopoles pour le commerce français à l'étranger par le biais de sociétés commerciales. Son système de contrôle suscita le ressentiment des commerçants et des entrepreneurs, soucieux de préserver leur indépendance et leur responsabilité individuelle. Les personnes avisées privilégiaient la terre, les rentes viagères et les prêts d'argent à l'investissement industriel.
En mai 1665, le roi accorda le monopole à un groupe de fabricants de dentelle français. L'objectif était d'interdire à toute personne autre que les titulaires de licence de fabriquer de la dentelle.
Des droits de douane protecteurs furent imposés sur la dentelle importée, de sorte qu'elle ne pouvait être fabriquée qu'en France. Puis, en 1667, toute dentelle étrangère fut interdite.
Ils imposèrent ensuite des normes de qualité à la production et au commerce, ce qui eut pour conséquence de figer l'économie française au niveau du début ou du milieu du XVIIe siècle. Cette mesure entravait ou ralentissait l'innovation en matière de nouveaux produits, de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes de production et d'échange.
Il accorda des monopoles, subventionna le luxe et les privilèges des cartels, et mit en place un système de bureaucratie centrale. Il créa un système redoutable d'inspection, de marques et de mesures afin d'identifier tous ceux qui enfreignaient la liste détaillée des réglementations étatiques.
Il a créé un système d'espions pour s'assurer que personne ne déroge au système, les sanctions allant de lourdes amendes à la moquerie publique, voire à l'interdiction de continuer à travailler dans le secteur.
Colbert a opéré une transformation remarquable de l'industrie française à court terme : sa politique a stimulé la création de manufactures d'État, standardisé les méthodes de production et développé des secteurs clés tels que le textile, la verrerie et l'armement. Ceci a permis à la France de devenir la première puissance européenne sous Louis XIV. Cependant, sa réglementation autoritaire, son recours aux monopoles d'État centralisés et l'application stricte du système des corporations ont également introduit des rigidités structurelles dans l'économie et l'industrie françaises. Ces contraintes, bien qu'efficaces pour maintenir la qualité et le contrôle de l'État, ont par la suite contribué à un manque d'adaptabilité de l'industrie française et à une réticence à l'innovation technologique. Il serait toutefois inexact d'imputer à Colbert seul le retard industriel français ultérieur.
Décret de 1670
En 1670, Colbert formula l'une de ses déclarations politiques les plus importantes dans son célèbre mémoire sur les finances. On peut la résumer ainsi : l'objectif de la politique économique est de fournir au monarque les fonds nécessaires à l'ordre et à la gloire. Il s'agit de fonder et de développer des colonies, d'améliorer la qualité de la production nationale, de renforcer les transports intérieurs, d'étendre le secteur maritime et d'inciter les oisifs à travailler. Le contrôle budgétaire doit être solidement établi et les principales sources de revenus doivent être augmentées autant que possible. Au cœur de cette politique se trouvait la volonté d'accroître indirectement les revenus royaux par le biais d'améliorations économiques. La règle universelle, selon Colbert, est de contrôler l'économie et le système fiscal afin qu'une quantité suffisante de liquidités circule dans tout le pays, donnant ainsi à tous les Français la possibilité de réaliser des profits et de payer leurs impôts. Son idée pour alléger les impôts était d'« accroître la liquidité disponible pour le commerce général [c'est-à-dire toutes les transactions] en attirant des capitaux étrangers, en les conservant au sein du royaume et en entravant leur exportation, donnant ainsi aux hommes les moyens d'en tirer profit ».